SAPS_Les Sciences et recherches participatives (SRP) et l'ouverture à des collectifs en zone rurale et péri-urbaine en Lorraine

Offre de thèse

SAPS_Les Sciences et recherches participatives (SRP) et l'ouverture à des collectifs en zone rurale et péri-urbaine en Lorraine

Date limite de candidature

11-09-2026

Date de début de contrat

01-11-2026

Directeur de thèse

LE BECHEC Mariannig

Encadrement

co-encadrement avec SIMON Emmanuelle ; points réguliers et travaux de terrain communs avec l'encadrement de thèse; comité de suivi de thèse

Type de contrat

Plan Investissement d'Avenir (Idex, Labex)

école doctorale

HNFB - Humanités Nouvelles-Fernand Braudel

équipe

Praxis

contexte

Ce projet de thèse viendra alimenter le programme de recherche CELEST dont les deux co-encadrantes sont partie prenante. Le centre de recherche et d'expertise interdisciplinaire CELEST (Center for Interdisciplinary Research and Expertise on Transitions), s'inscrit dans les priorités stratégiques de l'Université de Lorraine, et plus particulièrement dans celle de l'ISITE Lorrain. Le premier axe de CELEST se concentre sur l'évolution des pratiques scientifiques en réponse aux défis des transitions. L'accent est mis, entre autres éléments, sur l'évolution des métiers de la recherche dans le cadre des recherches qui portent sur les enjeux de transition avec un sous-axe 1.2 dédié au développement des SRP. L'objectif du sous axe 1.2 est de caractériser le spectre des dynamiques de SRP, qui vont de la «science participative» (implication des citoyens dans la collecte de données) à la «recherche participative» (co-construction de la recherche à différents stades, de la problématisation à la publication des résultats). Au-delà des questions relatives à la gradation et à la nature de la participation, il s'agira d'identifier les acteurs impliqués (scientifiques, chercheurs du tiers secteur, associations, décideurs, citoyens, etc.), leurs attentes et pratiques de recherche respectives, ainsi que les types de connaissances produites associées, avec un focus particulier sur la place occupée/assignée par les/aux SHS dans ces communautés hybrides. Le/la doctorante pourra bénéficier de l'environnement scientifique du projet et contribuera en retour aux actions de ce dernier notamment au travers de l'accompagnement de la Boutique des sciences et la contribution au projet d'atlas des Transitions porté par le collectif de recherche. Cette proposition de thèse s'inscrit dans le projet de montage d'une Boutique des Sciences en Lorraine porté au sein de l'établissement UL par la co-encadrante de la thèse.

spécialité

Sciences de l'information et de la communication

laboratoire

CREM - Centre de Recherche sur les Médiations

Mots clés

sciences participatives, boutique des sciences, engagement, publics actifs, tiers secteur

Détail de l'offre

Depuis une dizaine d'années, la participation en recherche tend à une institutionnalisation. Quelques moments clés jalonnent cette institutionnalisation. En 2012, la formalisation des notions de sciences et recherches participatives par la mission « sciences en société » du CNRS, suivie de la création en 2014 du GDR « Participatory Action Research and Citizen Science » visent à faire émerger une communauté de pratiques. L'année suivante la mission « rapports sciences-société » est désormais considérée comme une mission supplémentaire des universités. En 2016, le rapport Houllier (Houllier, Merilhou-Goudard, 2016) pose les bases de bonnes pratiques en SRP et ouvre la voie en 2021 au fléchage de 1% du budget dédié à la recherche vers le dialogue société (Ruano-Borbalan, Bocquet, 2018, Lefebvre, Savoia, Bocquet, 2019). L'« essor du fait participatif » (Piponnier, Ségur, 2022) dans le domaine de la recherche ne résulte pas que de décisions politiques. Il répond à des critiques portées de l'intérieur (par les chercheurs) comme de l'extérieur (par la société civile) quant aux modes de productions de la recherche. Ainsi, confrontées à des questions de soutenabilités ou de transitions écologique ou/et solidaire, différentes voix scientifiques ont contribué à faire émerger ce que certains appellent deux nouveaux régimes de recherche plus à même de répondre aux nouveaux enjeux posés par la société (Barré R., Jollivet M. 2023) : les recherches interdisciplinaires et les recherches participatives. Le second régime vient répondre à un besoin de pluraliser les voix au cœur du processus de production de la recherche. Il s'agit notamment de sortir du monopole de la production de la connaissance scientifique par la seule communauté de chercheurs. L'idée de pluralisation des savoirs et de lutte contre les injustices épistémiques visent à établir un rapport plus juste entre les diverses formes de savoirs et leurs porteurs/euses (Carrel, Fiorini, Gaudillière, Godrie, 2025). Dans une volonté de transformation sociale, les nouveaux collectifs de recherche partent de l'hypothèse qu'il convient non plus de partir de besoins supposés mais des interrogations concrètes provenant de la société civile (Lefebvre, Savoia, Bocquet, 2019). Cette thèse entend documenter les modes d'engagement des publics ruraux dans les collectifs de recherche hybride. Le cadre théorique envisagé se rapproche des analyses en termes d'intermédiation de la recherche (bien que la notion de médiation en SIC soit bien distincte de celle de vulgarisation) qui propose une analyse du champ émergent des SRP sans négliger l'importance des collectifs impliqués dans ces démarches, des dispositifs et outils mobilisés en rupture avec un modèle linéaire d'information, d'éducation ou de dialogue initiés par les seuls chercheurs. Elle s'inscrit dans une approche de co-production des savoirs par des réseaux sociotechniques (Callon, Lascoumes et Barthe, 2001) et sur des modèles d'action plus actifs, selon des approches pragmatiques et interactionnistes, où l'engagement revêt différentes formes et figures (Millerand, 2021) qu'il s'agit de documenter.

Keywords

Participatory sciences, Sciences shop, engagement, audience, third sector

Subject details

Over the past decade or so, participation in research has been moving towards institutionalisation. A number of key milestones have marked this process. In 2012, the formalisation of the concepts of participatory science and research by the CNRS's ‘Science in Society' mission, followed by the creation in 2014 of the GDR ‘Participatory Action Research and Citizen Science', aimed to foster the emergence of a community of practice. The following year, the ‘Science-Society Relations' mission was recognised as an additional remit for universities. In 2016, the Houllier report (Houllier, Merilhou-Goudard, 2016) laid the foundations for good practice in Participatory Action Research and Citizen Science (Sciences et Recherches Participatives - SRP in french) and paved the way, in 2021, for 1 per cent of the research budget to be earmarked for dialogue with society (Ruano-Borbalan, Bocquet, 2018, Lefebvre, Savoia, Bocquet, 2019). The ‘rise of participatory approaches' (Piponnier, Ségur, 2022) in the field of research is not solely the result of political decisions. It responds to criticisms levelled both from within (by researchers) and from outside (by civil society) regarding the ways in which research is conducted. Thus, faced with issues of sustainability or ecological and/or social transitions, various scientific voices have helped to bring about what some call two new research regimes better equipped to address the new challenges posed by society (Barré R., Jollivet M. 2023): interdisciplinary research and participatory research. The second framework addresses the need to pluralise the voices at the heart of the research production process. In particular, it seeks to move away from the monopoly on the production of scientific knowledge held solely by the research community. The idea of pluralising knowledge and combating epistemic injustices aims to establish a fairer relationship between the various forms of knowledge and their bearers (Carrel, Fiorini, Gaudillière, Godrie, 2025). In a drive for social transformation, the new research collectives operate on the assumption that the starting point should no longer be supposed needs, but rather concrete questions arising from civil society (Lefebvre, Savoia, Bocquet, 2019). However, in practice, the persistence of a social division of labour in research and of criteria for excellence does not foster either interdisciplinarity or the hybrid collectives characteristic of the social and political sciences. This thesis aims to document the ways in which rural communities engage with hybrid research collectives. The proposed theoretical framework is closely aligned with analyses of research intermediation (although the concept of mediation in science, technology and society is quite distinct from that of popularisation), which offers an analysis of the emerging field of SRP without neglecting the importance of the collectives involved in these initiatives, the mechanisms and tools employed, which break with a linear model of information, education or dialogue initiated solely by researchers. It forms part of an approach to the co-production of knowledge by socio-technical networks (Callon, Lascoumes and Barthe, 2001) and is based on more active models of action, following pragmatic and interactionist approaches, where engagement takes various forms and manifestations (Millerand, 2021) that need to be documented.

Profil du candidat

Titulaire d'un master 2 en sciences humaines et sociale avec une priorité donnée aux avec une appétence pour la recherche qualitative et participative.
Compétences scientifiques attendues :
➢ Connaissance des techniques d'enquête en sciences humaines et sociales en particulier qualitatives.
➢ Une initiation préalable aux recherches dans le domaine des sciences et de leurs modes de production serait appréciée.
Autres qualités attendues :
➢ Autonomie, curiosité, rigueur, bon relationnel, capacité à travailler en équipe.

Une audition est prévue le 21/09/26, à Nancy ou en visio.

Candidate profile

Holder of a Master's degree in humanities and social sciences, with preference given to candidates with an interest in qualitative and participatory research.
Required research skills:
➢ Knowledge of research methods in the humanities and social sciences, particularly qualitative methods.
➢ Prior exposure to research in the field of science and its methods of production would be an advantage.
Languages:
➢ Working language: French.
➢ English would be an advantage.
Other required qualities:
➢ Independence, curiosity, rigour, good interpersonal skills, ability to work as part of a team.
A hearing is planned for September 21, 2026 (Nancy-Fr or videoconference)

Référence biblio

Barré R., Jollivet M. (2023) Interdisciplinarité et recherche participative : deux régimes de recherche pour la transition écologique et solidaire. Une mise en perspective programmatique. Nat. Sci. Soc. 31, 1, 110-119.
Bats, R., Gallezot, G. (dir.) (à paraître 2027). Sciences participatives et communication scientifique: écrire, publier, diffuser, Villeurbanne, Presses de l'Enssib
Borbalan, R., Bocquet, B. (2018). Technosciences and citizen innovations, ISTE ed.
Callon M., Lascoumes et Barthe. (2001) 2001, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Le Seuil.
Carrel, M. Fiorini, C. Gaudillière, JP, Godrie B. (2025), «Co-produire les savoirs : une urgence scientifique et démocratique», Mouvements, 1 n° 119, 7-14.
Chauveau, H. et Goyet, G. (2021). La Boutique des Sciences de l'Université de Lyon Quelle reliance possible entre acteurs associatifs ruraux et Université ? Pour, 239(1), 257-272. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.3917/pour.239.0257.
Darré J.-P., (2006) La production de connaissance pour l'action. Arguments contre le racisme de l'intelligence, Paris, Quae.
Dayan D., 1992, «Les mystères de la réception», Le Débat. Histoire, politique, société, 71, pp.141-157.
Habermas, J., (1997), Droit et démocratie. Entre faits et normes, Gallimard, Paris.
Houllier, F. et Merilhou-Goudard, J-B. (2016). Les sciences participatives en France. 63 p. ⟨hal-02801940⟩
Joly, P.-B. (2020). Les formes multiples de la recherche: scientifique, industrielle et citoyenne. Cahiers de l'action, 55(1), 47-54. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.3917/cact.055.0047.
Millerand, F. (2021). La participation citoyenne dans les sciences participatives: formes et figures d'engagement,Études de communication, 56, https://doi.org/10.4000/edc.11360
Le Crosnier, H., Neubauer, C., Storup, B. (2013). Sciences participatives ou ingénierie sociale: quand amateurs et chercheurs co-produisent les savoirs. Hermès, La Revue, 67(3), 68-74. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.4267/2042/51888
Lefebvre, B. Savoia, A. Bocquet, B. (2019). «Perception et émergence d'une Boutique des sciences dans la région des Hauts-de-France», Natures Sciences Sociétés,3 Vol. 27, 342 à 349.
Latour, B., Marinda, C. (2015). À métaphysique, métaphysique et demie L'enquête sur les modes d'existence forme-t-elle un système ? Les Temps Modernes, 682(1), 72-85. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.3917/ltm.682.0072.
Lhoste, É., Fontaine, G., Fournie, S., Peres, J., Sardin, L. (2024). «Soutenir les intermédiations de recherche, une nécessité pour relever les grands défis». Innovations, 74(2), 99-130. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.3917/inno.pr2.0165.
Piponnier A., Ségur, C. (2022). Un «moment critique» pour la participation?, Questions de communication, 41|2022, DOI: https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.28538